Tout d’abord, il faut prévoir le terme de la gestation qui se situe a environ 338 jours après la saillie fécondante, soit 11 mois en moyenne.
Des écarts sont possibles entre 310 et 365 jours, il faut donc être vigilent. Les mâles sont souvent « portés » 3 à 4 jours de plus que le femelles. Le terme est souvent dépassé pour les poulinages en début d’année et à terme au printemps et durant l’été.
Pour les juments «primipares», c’est-à-dire qui poulinent pour la 1ère fois, il conviendra de les surveiller dès 300 jours de gestation.
Pour bien préparer le poulinage, il faudra disposer d’un box spacieux (4m x 4 m), bien paillé mais sans exagération, avec de la paille qui recouvre bien le sol et le bas des murs (c’est ce que l’on appelle dans le monde des courses : «pailler en bateau».
La jument sera rentrée dès le 10ème mois de gestation dans le box prévu pour le poulinage afin qu’elle crée des anticorps propres à cet environnement (box), anticorps qui se retrouveront dans le colostrum (1er lait) et qui immunisera le poulain. Ceci est très important et est souvent négligé.
On pourra aussi bander la queue de la jument pour plus d’hygiène et surtout ne pas oublier d’appeler le vétérinaire pour découdre la vulve de la jument si celle-ci a été préalablement cousue (juments qui « avalent de l’air » avec la vulve et risquent d’avorter). Cette chirurgie s’appelle la chirurgie de Caslick.
Un jument qui va pouliner se remarque grâce à divers signes annonciateurs.
La jument au pré, en groupe, aura tendance à s’isoler. On constatera un relâchement du ligament sacrosciatique (croupe) (jument cassée), la mamelle pourra, mais ce n’est pas un signe 100% fiable, gonfler et de la « cire » apparaîtra au bout des trayons. Cette cire peut apparaître un mois avant le terme comme ne pas apparaître. Enfin, une relaxation de la vulve sera constatée, mais ce signe sera très tardif.
Les poulinages se déroulent pour 70 à 80 % des cas, la nuit. Trois phases : présentation, expulsion et délivrance. La durée moyenne est de 15 minutes mais avec une fourchette de 5 à 45 mn . En tout état de cause, il conviendra impérativement de contacter le vétérinaire si le poulinage tarde trop, si le poulain est mal engagé, si la délivrance excède les 6 heures après le poulinage, s’il y a bien sûr une hémorragie utérine, une dystocie (antérieur ou la tête non engagée) et toute autre anomalie qui pourrait arriver.
On ne doit pas faire pouliner, seul, une jument si on ne maîtrise pas un minimum de connaissances, le vétérinaire devra être contacté.
La jument qui est sur le point de pouliner va en général transpirer fortement 1 heure avant la présentation du poulain. Elle sera agitée, nerveuse, tournera en rond dans son box, se grattera éventuellement, se couchera et se relèvera souvent.
Elle pourra présenter des petites coliques et des émissions de crottins mal formés pourront apparaître. La poche des eaux apparaîtra enfin, elle se perce seule en général, le nez du poulain suivi des membres antérieurs apparaissent. La jument se couche et l’expulsion commence.
Les contractions abdominales sont importantes, on doit aider le poulain en gardant la mère couchée. Le poulain sorti, on attend 10 à 15 mn, puis on coupe le cordon ombilical. On aide le poulain à se débarrasser des mucosités dans la bouche, puis on l’approche de la jument et on le sèche vigoureusement.
On fixe aussi (avec une ficelle) la délivrance pour une expulsion plus rapide sans risque que la jument marche dessus et ne la déchire, la délivrance doit se faire entre 1 et 2 heures après le poulinage. Si celle-ci tarde à se faire, contacter le vétérinaire.
Le poulain doit boire le colostrum impérativement après 1 heure de vie, on peut aussi traire la jument et donner au poulain couché entre 150 et 200 ml de colostrum.
On surveillera de près les primipares qui peuvent être agressives avec leur poulain.
Le programme de vaccination sera mis en place avec le vétérinaire.
Pour se faciliter la vie lorsque le terme arrive, on peut s’équiper de système de video surveillance, de ceintures, d’alarmes mais on peut aussi se lever régulièrement pour aller voir si l’heureux moment approche enfin.
Ces périodes de poulinages sont toujours un grand moment dans la vie d’un éleveur.

